Quels sont les effets secondaires possibles d’un déséquilibre hormonal non traité ?

Publié le 02 avril 2026 .

Médecine esthétique

De même que la médecine anti-âge nous concerne de la naissance à la mort, un déséquilibre hormonal peut apparaître du début à la fin de notre existence. Par exemple, sachant que la mélatonine contribue à l’organisation de la production de toutes les hormones et qu’elle est liée à l’alternance exposition à la lumière du jour et à l’obscurité nocturne, le fait de laisser une veilleuse trop lumineuse dans une chambre d’enfant peut troubler sa croissance. La seule lumière tolérable dans une chambre est le clair de lune.

déséquilibre hormonal non traité | Dr Masse | Mouans-Sartoux

Pourquoi un déséquilibre hormonal peut rester longtemps silencieux ?

Un déséquilibre hormonal n’est jamais silencieux mais subtil.

Chacun donnera une explication simpliste face à des signes mal interprétés car ce n’est pas chaque signe qu’il faut comprendre mais leur association et/ou le rythme de leur apparition.

L’apparition peut être brutale sur un choc psychique ou sur la mauvaise tolérance à un nouveau médicament, ou insidieuse, progressive, confondue avec un phénomène “normal” de vieillissement.

Il peut s’agir de fatigabilité, d’insomnie, de disparition des rêves, d’absence d’envie, de douleurs articulaires ou musculaires, de maux de ventre, d’irrégularité du cycle ou de dépression, en résumé tout et n’importe quoi.

Les effets d’un déséquilibre hormonal

Fatigue chronique et baisse d’énergie

Tous les états de fatigue chronique ne sont pas de cause hormonale même si les symptômes ressentis peuvent en être la conséquence.

Par exemple, une carence en fer se soldera par un défaut de transport de l’oxygène. Une glande thyroïdienne mal oxygénée se manifestera par des signes d’hypothyroïdie mais ne sera pas correctement soignée par du Lévothyrox puisque l’origine du trouble est le manque de fer.

Il faut bien concevoir que l’organisme est un jeu de mikado particulièrement complexe dans lequel chaque élément interagit sur l’ensemble des fonctions. Il est donc indispensable de vérifier la bonne diversité des choix alimentaires, la bonne adéquation des apports en fonction de l’activité prévue. De même, il faut s’assurer de la parfaite assimilation digestive des nutriments qui peut être considérablement altérée en cas d’intolérance alimentaire aboutissant tôt ou tard à une perméabilité anormale de la muqueuse digestive ( “Leaky Gut”).

Tout ceci s’oppose à la notion illusoire et coûteuse d’un bilan biologique complet. 

Les bilans doivent être guidés par les symptômes et leur analyse synthétique globale, et pas le contraire.

  • La thyroïde est le thermostat du corps. La fatigue dans ce cadre sera plus une lenteur d’exécution des fonctions de l’organisme, parfois masquée par l’agacement de ne pouvoir faire ce que l’on veut au moment voulu. L’hypothyroïdien peut ne tenir que “ sur les nerfs” et, dès que sa mission sera achevée, s’endormira sur place
  • L’oestrogène est l’hormone de l’eau, de l’envie, de la créativité artistique, de la vivacité d’esprit, et parfois de l’agressivité quand sa proportion monte brutalement (excès de tabac, caféine, alcool). La fatigue liée à une carence en oestrogène s’approche davantage de la neurasthénie (envie de rien), quoique cette carence peut se traduire par une aigreur de l’humeur au cours de laquelle la seule envie persistante est celle d’être désagréable. La fatigue de la carence en oestrogène peut donc être remplacée par la rage
  • La testostérone est principalement l’hormone de la sérénité et de la méthode : savoir trier les événements par ordre d’importance. Pourtant, les signes de carence en testostérone sont très similaires à ceux de la carence en oestrogène mais la part de fatigue musculaire et la mauvaise endurance au stress y est plus importante. Sur le plan psychique, la carence en testostérone peut se traduire par une sensiblerie excessive (pleurnicher en regardant “les feux de l’amour est un signe d’urgence…), et, conjointement, par une psychorigidité
  • La carence en cortisol est surnommée le “Burn Out”. A force de trop être survolté, l’organisme finit par refuser de coopérer. La surconsommation d’excitants masque les défaillances jusqu’à l’épuisement physique et psychique. Si les symptômes persistent, le mieux est de consulter une agence de voyage, si possible
  • L’aldostérone est l’hormone de l’équilibre du sel et de l’eau dans le corps. Quand la production baisse, la tension artérielle diminue et la fatigue s’accompagne en plus de vertige lors des changements de position

Quand il n’y a pas de contre indication, quelque soit la carence hormonale, la rééquilibration hormonale sera déterminante pour le retour à la normale

Troubles de l’humeur et de la santé mentale

Le rythme des productions hormonales (rythme nycthéméral) est étroitement lié à l’exposition à la lumière du jour. Dans les pays du grand Nord, il y a moins de 20 ans, les dépressions, suicides et consommation d’alcool ou autres, étaient très fréquents. Depuis la mise à disposition de la mélatonine (véritable horloger de l’organisme) et de la luminothérapie , le climat mental s’est régularisé.

Les hormones qui nous gouvernent ont des effets antagonistes.

Sans une organisation de production guidée par la lumière, les hormones sont produites aléatoirement, chacune pouvant annuler les effets d’une autre.

Par exemple, la testostérone est apaisante et anabolisante. Le cortisol est dynamisant et détruit les muscles. Si les deux sont libérés ensemble, tout se passe comme s’il n’y avait aucune production des deux.

Par ailleurs, la santé mentale est aussi liée à des substances n’appartenant pas aux hormones :

  • les neurotransmetteurs, les plus connus étant la dopamine (neurotransmetteur du plaisir à vivre)
  • la sérotonine (neurotransmetteur de la correcte estime de soi)

Tous les deux sont issus des protéines de notre nourriture. Si l’acidité gastrique est insuffisante, si l’alcalinisation intestinale est incomplète, aucun des deux ne pourra accomplir sa mission et l’Esprit vacille entre la morosité de l’âme et la vacuité apparente de l’existence.

Prise de poids et dérèglements métaboliques

Globalement, la notion de prise de poids est une source d’erreur car s’il s’agit d’une prise de poids de muscle, cela garantit une mise en sécurité de la silhouette à moyenne échéance par la majoration du métabolisme de base (une perte de poids de muscle effondre les besoins calorique et la prise de volume graisseux menace).

À la ménopause, la prise de volume graisseux répartie de façon masculine est le reflet des réactions réflexes de l’organisme face à la baisse de production des oestrogènes ovariens. Quand la mise sous THM est possible, la silhouette retrouve progressivement sa forme initiale. Quand le traitement est contre-indiqué, la meilleure alternative est la reprise progressive / la poursuite d’une activité physique régulière, sous couvert d’une alimentation suffisante et efficacement répartie, afin de restaurer la masse musculaire et d’apporter un mieux-être mental lié par la montée de l’IGF1.

À l’apparition de la carence en testostérone chez l’homme, s’ajoute bien souvent un syndrôme métabolique. La baisse de l’anabolisme par défaut d’imprégnation en testostérone est majorée par le renoncement à l’activité sportive et au désir de plaire.

En mangeant plus et en bougeant moins, voire en buvant plus d’alcool, rapidement le métabolisme de base baisse et le gras s’accumule.

Comme chez la femme, le traitement, après bilan chez l’urologue, se fera par une éventuelle supplémentation en testostérone et par les mesures hygiéno-diététiques habituelles.

Troubles du sommeil

Ils sont évidemment plurifactoriels : apnée du sommeil, HTA, syndrôme métabolique, règles hygiéno-diététiques chaotiques, induisent une dette de sommeil.

La mélatonine, par son rôle de chef d’orchestre hormonal, reste un élément de base utile, seule ou en association avec les supplémentations hormonales adaptées.

Problèmes cutanés, capillaires et esthétiques

La peau, la chevelure, les ongles expriment les carences hormonales et alimentaires.

  • Chez la femme, la carence en oestrogène se manifeste par des cheveux moins volumineux, moins denses concernant l’ensemble du scalp
  • Chez l’homme, la chevelure suit la trajectoire paternelle sans que, pour autant, il y ait une carence en testostérone (plutôt un excès de conversion en dihydrotestostérone). Dans ce cadre, on assiste à la migration des cheveux dégarnissant le haut du  scalp et proliférant sur les épaules, le buste et le dos. Même sans hérédité, les golfs frontaux s’étendent, le cheveux s’affine et se clairseme jusqu’à disparaître

Troubles sexuels et reproductifs

Sommairement, le désir est en partie lié à l’érotisation de la pensée et l’envie comme la qualité des préliminaires sont liés à la production d’oestrogène et d’ocytocine. La concrétisation et l’orgasme seront partiellement liés à la testostérone, ceci dans les deux sexes.

Toutefois, le contexte global psychique influence considérablement l’attitude des deux partenaires. En résumé, une enquête hormonale sera toujours utile mais ne sera qu’un argument dans l’ensemble des facteurs influençant la vie sexuelle.

Déséquilibres digestifs et troubles fonctionnels

Un mécanisme naturel incontournable intervient dans l’équilibre hormonal (cycle entéro-hépatique hormonal) : les hormones quittent les glandes, passent dans le sang puis à travers la muqueuse intestinale, se trouvent mêlées aux matières fécales pour être réabsorbées vers le sang, tout ceci tout au long du transit intestinal.

Tout accélération ou ralentissement du transit, tout défaut de mastication ou irritation de la muqueuse par des nourritures irritantes ou poly transformées, se solde nécessairement par une altération de ce cycle entéro-hépatique et par une diminution de la durée du cycle de vie des hormones.

Quand suspecter un déséquilibre hormonal

Un affaiblissement de la santé, une baisse des défenses naturelles tant face aux microbes (bactéries, levures, parasites) que face aux cellules cancéreuses, une baisse du dynamisme, asthénie physique ou mentale, sont des signes devant attirer l’attention et inciter à consulter un médecin anti-âge, avant de se contenter de la mise sous antidépresseur ou anxiolytique.

L’importance d’une évaluation et d’une prise en charge précoce

Face à un déséquilibre hormonal, notre organisme cherche à compenser à sa façon, en créant des mécanismes de survie, mais ne permettant pas une vie agréable.

Quand enfin notre attention est attirée par un ensemble de symptômes perturbants, cela fait déjà longtemps que l’Inconscient a compris le désordre et qu’il a mis en place des mesures protégeant tant bien que mal notre existence.

Naturellement, plus tôt les troubles sont identifiés et plus correctement ils pourront être corrigés.

En pratique, sachant que notre mécanique est très complexe et interdépendante, mieux vaut procéder patiemment afin que l’Inconscient se croyant menacé nous laisse prendre la main en douceur.

Article rédigé par le Dr Masse

Le Docteur Louis Franck Masse place l’écoute des besoins et la concertation avec les patients au cœur de son approche de la médecine morphologique. Découvrez ses différentes actualités.