Comprendre le cycle pilaire et le fonctionnement du laser
Le cycle pilaire est immuable : racine au repos pendant parfois 2 ans, apparition d’un embryon de poils de couleur sombre (le laser peut déjà le détruire alors qu’il ne se voit pas encore), qui évolura en poils visible. Puis la racine entre à nouveau en repos, le poil est détaché de la racine. En conséquence, la racine est à l’abri et indestructible.
Pour mémoire, les épilations à la cire arrachent le poil mais pas la racine ; elles les dévascularisent progressivement. En préparation à une séance d’épilation laser, elles inactivent le soin puisqu’il n’y aura plus de transmission de l’énergie laser dans la racine par le biais de la tige pilaire.
Sur des poils épais, tout et n’importe quoi fonctionne au début des soins.
Par contre, pour détruire des poils fins, qui présentent l’inconvénient de s’ombiliquer sous la peau avec risque d’entrax, seul un matériel très performant est capable de produire une énergie importante durant les 3 millièmes de seconde indispensables à détruire la racine avant que la tige pilaire ne se vaporise.
De là toute l’importance de bien choisir son correspondant pour gérer l’ensemble du programme des soins laser épilatoire.
Épilation laser en centre commercial : risques et avantages
Naturellement, les manipulatrices doivent avoir reçu une formation spécifique reconnue et connaître les contre-indications et précautions dans la manipulation du laser. Cependant, en centre laser, les manipulatrices sont majoritairement salariées et n’ont pas la certitude d’être encore là dans un avenir proche pour exécuter les traitements de leur début à leur terme. Le personnel est donc moyennement motivé et l’indispensable méticulosité du geste n’est pas garantie.
Pour le centre laser, l’acte doit être rentable à moyenne échéance et le matériel disponible peu coûteux, tant à l’achat qu’à la maintenance. Avec un peu de chance, ces machines atteignent péniblement les 15 millisecondes et ne peuvent en conséquence pas détruire les poils fins, ceci dès la naissance du poil. Chaque séance sera ainsi moins efficace, à moins de raser régulièrement la zone traitée avec, à terme, la nécessité d’augmenter le nombre de séances.
Enfin, il est exceptionnel qu’un centre laser commercial propose l’électrolyse des poils blancs cachés parmi les poils traitables. Tout simplement parce que l’électrolyse est un geste lent, plus ou moins susceptible d’être douloureux du fait du type de courant choisi et/ou responsable de cicatrice. Enfin, l’application de crème anesthésiante impose une prescription médicale hors nomenclature puisqu’il s’agit d’un soin esthétique.
La question du forfait laser
La notion de forfait laser permettant d’avoir un coût à la séance a priori meilleur marché cache souvent un piège initial : afin de séduire la patiente, la machine est initialement sous réglée afin d’occasionner un soin le moins douloureux possible. Comme écrit plus haut, au début, tout fonctionne apparemment. Une fois le forfait signé, libre au centre de faire durer les soins, la patiente étant captive de ce contrat.
Par ailleurs, si les circonstances de la vie quotidienne changent, comme une mutation ou la possibilité de mieux gagner sa vie ailleurs, il sera impossible à la patiente de réaliser tous les actes. Il est rare que la fin du forfait soit remboursée.
En résumé, dans un centre laser de type commercial, sauf exception, les soins proposés en forfait sont apparemment moins coûteux, ne garantissent pas un résultat sur la destruction des poils fins dès leur statut embryonnaire ni en évolution inévitables sur l’ensemble du traitement. La notion de rebond pilaire, en cours de traitement épilatoire laser, est principalement le fait de machines médiocres. Le nombre de séances réellement nécessaires sera probablement plus important que le forfait initialement signé.
Si la formation des manipulatrices a été parfaitement exécutée, il ne devrait pas y avoir de brûlures ou décoloration dermique déclenchée par les lasers du fait d’un réglage inapproprié ou un mauvais choix entre Yag et alexandrite selon la carnation de la zone traitée. Mais seulement si.
Épilation laser en cabinet médical : avantages et limites
Un médecin lasériste est installé et ne peut, à moins de situation dramatique, disparaître du jour au lendemain. Il est personnellement et indéfiniment responsable de ses actes et a tout intérêt à être pleinement efficace car sa seule réputation dépend de ses résultats (et pas exclusivement sur les tarifs pratiqués). Y compris dans le long terme puisqu’il faudra en moyenne deux ans de soins imposés par l’inaltérable cycle pilaire.
Son objectif visera essentiellement l’efficacité de chaque soin prodigué. Sa seule publicité sera la satisfaction des patientes.
Par la formation médicale spécialisée reçue, il sait rechercher l’origine de la pilosité quand elle est excessive et prescrire les bilans et traitements en conséquence ; il sait bien paramétrer une machine performante, le plus souvent haut de gamme. Ces machines étant particulièrement délicates et précises, mieux vaut que le médecin soit propriétaire de sa propre machine et qu’elle soit à longueur d’année dans un seul local à température et hygrométrie constante, sans déplacement l’exposant aux vibrations (problème principal des machines de location promenées d’un cabinet à un autre). Cet équipement est ainsi efficace sur les poils de toutes tailles, qu’ils soient à l’état d’ embryon intradermique ou patents.
Il sera donc inutile de raser. A chaque séance, le nombre de racines actives baissera et les séances spontanément seront espacées (dans la majorité des cas d’ épilation alexandrite, 6 séances la première année, 4 séances la suivante).
Pas de forfait mais un paiement à l’acte puisque l’efficacité est perceptible d’une séance à l’autre.
Le confort des patientes visera à limiter les sensations douloureuses : il y aura donc prescription de crèmes analgésiantes (non remboursables sur acte esthétique), et recours à une machine soufflant de l’air réfrigéré sur la zone en cours de traitement.
Néanmoins, le désagrément étant lié au nombre de racines actives, les premières séances seront automatiquement plus sensibles que les dernières.
Le fait de disposer d’un laser émettant un rayon alexandrite (peau blanche) et/ou du Yag (peau mate) permet de traiter bien des carnations sauf les peaux parfaitement noires.
En résumé, l’épilation laser en cabinet médical ne sera pas proposée sous forme de forfait car la patiente reste libre d’apprécier par elle-même l’efficacité de chaque soin. L’efficacité et la satisfaction de la patiente sera la seule forme de publicité du médecin lasériste.
Si des poils blancs sont découverts durant les 2 ans que durent les soins, le médecin saura les détruire par électrolyse. Il est fréquent d’associer les 2 techniques au cours d’une même séance. La réalisation des soins impose une grande méticulosité et permet de dépister les éventuelles anomalies dermatologiques (mélanome, carcinome…).
Comment choisir selon votre profil ?
Si vous êtes absolument certaine de ne pas avoir à changer de région, de ne pas avoir de modification dans votre niveau de vie pendant au moins deux ans, vous pouvez choisir un centre laser commercial avec principalement le risque d’un résultat incomplet au terme du forfait.
Si en revanche vous recherchez la sécurité et la liberté, le cabinet médical est préférable.
Les conseils du Dr Masse
L’efficacité doit être optimale dès la première séance jusqu’à la dernière afin que toutes les racines actives soient détruites. Quand une brûlure est occasionnée, les suites doivent être prises en charge médicalement immédiatement sous peine de décoloration ou cicatrice durable voire définitive. Enfin, l’œil d’un médecin esthétique formé en anti-âge saura vous guider tout au long des 24 mois nécessaires à détruire toute la pilosité ciblée. Vous aurez bien sûr la possibilité de poser les questions d’ordre médecine-esthétique en cours de séance.
L’argument du coût de traitement est un facteur à considérer mais il est fréquent au cours de ma pratique de reprendre l’ensemble des soins réalisés en structure commerciale. Ceci occasionne un surcoût s’ajoutant aux dépenses du forfait initial. Donc des soins réglés à l’acte, sans forfait imposé, me semble la formule la plus honnête. Enfin, si vous êtes amené à changer de région en cours de traitement, un correspondant médecin esthétique pourra vous être proposé n’importe où en France.
Au bout du compte, les soins en centre commercial, à résultat comparable, reviennent souvent plus chers.
Rester libre de nos choix est à mon sens le plus important.